Miracles de Saint Gérard

Voici quelques récits de miracles que nous transcrivons parce qu'ils sont intéressants à divers titres : ils ont eu lieu au début du XVIIe siècle, ce qui prouve que le culte de Saint Gérard était encore très vivant sept siècles environ après la mort du saint ; plusieurs bénéficiaires de ces miracles habitaient des régions assez éloignées, ce qui montre la diffusion du culte de Saint Gérard ; enfin ces miracles sont particulièrement bien attestés.
         

"L'an de grâce 1602, Simon Anseau, pharmacien à Thuin, âgé de 32 ans, souffrant depuis trois mois d'une fièvre tierce, quarte et quotidienne, était devenu jaune comme cire.  Après avoir tenté toutes sortes de remèdes, après en avoir appelé à l'expérience des hommes de l'art, abandonné par eux sans aucune espérance, il voua à Dieu et à saint Gérard de visiter les reliques de notre Saint à Brogne ; et à l'heure même, il fut rendu à la santé.  La chose arriva le 26 du mois d'août, et trois jours après, c'est-à-dire le 29, il se rendit de Thuin à Saint Gérard sans le secours de personne.  Les deux localités sont distantes d'environs sept lieues.

Cette guérison avec ces circonstances fut attestée par Simon ainsi que par sa mère Haverlant, en présence du prieur et de deux autres religieux.  Ce même témoignage, ledit Simon, sa mère et sa femme le renouvelèrent dans la suite à Thuin, en présence du prieur de Brogne, Gérard Souris, et de son compagnon, Jean Clerc, ainsi qu'en présence de Pierre Dubois, prêtre, et de son père Georges Dubois, citoyen et échevin de Beaumont.

Tout ce qui vient d'être raconté, ledit Anseau l'attesta de nouveau le 25 août l'an 1618, en présence de la cour de Thuin, et il le confirma par serment solennel, selon le document authentique qui fût rédigé sur cette guérison et signé : Jacques Palyoul, greffier de ladite cour."
         

"Le 3 septembre 1611, François Deprez, originaire de Thuin et habitant cette localité, pour lors âgé de 29 ans, ayant souffert pendant trois semaines d'atroces douleurs d'une fièvres aiguë et continue, ayant cherché des remèdes sans en trouver aucun qui pût lui procurer quelque soulagement, sur les conseil du susdit Simon Anseau, qui avait récupéré la santé par les mérites de saint Gérard, fit vœu de se rendre à Brogne et de vénérer le saint, et bientôt, il fût délivré de la fièvre et rétabli en pleine santé.  Ce que ledit François Deprez, visitant les saintes reliques le 16 septembre 1612, a déclaré en présence du prieur désigné plus haut et de quelques autres religieux.  Ensuite, il confirma le tout par serment le 24 août 1618, en présence de la cour de Thuin, ainsi que cela résulte d'une pièce authentique signée du greffier Jacques Playoul."
         

"Au mois de février 1602, Noël Mathieu, natif de Mettet et pour lors âgé de vingt ans, faisait ses humanités dans la ville de Mons.  Atteint d'une jaunisse par tout le corps, ayant souffert de très grandes douleurs pendant l'espace de deux mois environ, sans trouver aucun soulagement dans les remèdes de la médecine, il fût renvoyé à ses parents.  Ceux-ci le conduisirent à Saint Gérard, afin qu'il y communiât et qu'il adressât ses prières au patron du lieu.  Ils espéraient que le saint par son intercession et ses mérites viendrait au secours de leur fils.  Leur espérance ne fût pas trompée, car à partir de ce moment, le malade éprouva un mieux sensible, et, un jour ou deux après, il était entièrement guéri.  Ce que ledit Noël attesta par un écrit signé de sa main.  Plus tard, c'est-à-dire le 22 août 1618, lui et sa mère Marie Buseau, attestèrent le même fait par serment en présence du bailli de Mettet, notaire impérial.  Acte authentique fut dressé et signé par Pierre Douillet, notaire, le jour et l'an désignés."
         

"Vers la mi-juin 1610, un enfant de huit ans, originaire de Rebecq, fils de Jean du Ray et de Martine Heue, appelé Jean comme son père, après une longue et grave maladie, fut abandonné de tous les médecins, qui n'avaient plus aucun espoir de le guérir.  Pendant huit jours, cet enfant demeura privé de connaissance et de l'usage de la parole.  A chaque moment, on s'attendait à le voir rendre le dernier soupir.  Poussés comme par une inspiration divine, ses parents promirent un pèlerinage à Saint Gérard.  A l'instant, comme s'il fût réveillé d'un profond sommeil, l'enfant revint à lui.  Il demanda à boire et à manger.  Le pèlerinage ne tarda pas à s'accomplir et l'enfant recouvra entièrement la santé.  Et maintenant encore ajoute l'historien, il est vigoureux, il jouit d'une excellente santé et il exerce une profession de charpentier.  Peu de jour après la guérison de leur fils, le père, la mère et un clerc de Rebecq, appelé Jean Rogerie, envoyèrent au prieur de Brogne le récit de ce miracle, signèrent cet écrit de leur main.  Plus tard, le père attesta la vérité de ce fait en présence de la cour de Rebecq, comme cela résulte de la pièce authentique donnée le 10 septembre 1618 et signée : Sébastien Antoine, Jean de Ray, Guillaume Marsille et H. de Moitoimon, greffier."
         

"Au mois de mai de l'an 1617, la fille du seigneur de Fumal, nommée Gertrude, âgée d'environ 10 ans, ayant été gravement atteinte d'une jaunisse universelle pendant trois semaines, fût rendue à la santé par la suite d'un vœu semblable que firent ses parents en son nom.  Le 23 du moi de mai, elle put accomplir son pèlerinage à Saint Gérard."



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